Histoires à succès

Le CAFi vous présente ces personnes venues de loin qui pour des raisons diverses ont fait le choix de venir vivre ici, au Nouveau-Brunswick.

Ces immigrant.e.s possèdent des tranches de vie colorées, intéressantes qui valent la peine d’être entendues. Pourquoi ne pas nous donner, avec cette page, un prétexte au dialogue?

Exprimons par la richesse de notre langue commune toutes nos similitudes, au-delà de nos apparentes divergences.

La musique me fait vibrer! Ce que j’aime par dessus tout c’est danser…

  • En août 2010, Mehyar Zekaroui quitte Casablanca, au Maroc, pour poursuivre ses études à l’Université de Moncton. Il décroche son Baccalauréat à la Faculté d’Administration en 2014. Passionné de soccer, il intègre « Les Aigles Bleus », la célèbre équipe de soccer de l’Université de Moncton, l’année de son arrivée, en 2010. Il jouera pour eux tout au long de son cursus universitaire.

     

    À la fin de ses études, il ne lâche pas le soccer pour autant et pour cause ! En janvier 2015, il devient le Directeur technique du club de soccer de Dieppe. Il met alors sur pied un programme de soccer avant et après classe pour les jeunes de la région. Mais son expérience dans le milieu sportif ne s’arrête pas là. Il est également coach pour Soccer N.-B. et assistant coach pour les Aigles Bleus. Il a même obtenu sa licence B, précieux sésame pour devenir coach en soccer au niveau national.


    - Mehyar Zekaroui
  • Pour moi, le Canada, c’était une évidence depuis des années… il fallait que j’y retourne un jour! Mes parents m’y avaient emmenée quand j’étais petite et étant devenue une grande voyageuse après mes études, j’ai finis par réaliser ce rêve. Ce qui m’a amené au N.-B., c’est l’amour! Alors que je travaillais dans une petite station de ski, j’y ai rencontré un bel Acadien de Moncton et je ne suis jamais repartie depuis cette rencontre. Ce bel Acadien est devenu mon mari depuis et il a très vite adhéré à l’idée de m’aider à lancer mon propre resto ici. Je suis belge mais je suis originaire d’un petit village Ardéchois (France) perdu dans les montagnes.

    Je suis journaliste de formation mais ma passion pour la cuisine a très vite pris le dessus. J’ai appris mon métier aux quatre coins du monde et je trouve que la rencontre de nouvelles cultures est très enrichissante.

    Avec mon mari, André, nous avons lancé le restaurant Manuka il y a un an. L’idée était de proposer au public un concept différent proposant une cuisine centrée sur des produits frais, si possible locaux et de saison. Puis pour ceux qui recherche une ambiance et des saveurs « à l’Européenne », ils trouveront leur bonheur chez nous. Nous avons également une belle sélection de bières belges et de bons vins qui s’accordent à merveille avec nos petits plats. Bref, il y a tout ce qu’il faut pour se faire plaisir. Depuis l’ouverture du Manuka, l’accueil du public a été incroyable! C’est ça qui nous donne envie de nous dépasser chaque jour: les commentaires si chaleureux des clients et voire les mêmes têtes qui reviennent si souvent ! Lancer son propre business est une grande prise de risques mais voir que ça fonctionne si bien depuis le début nous laisse penser que c’était une très bonne idée de faire naître le Manuka à Moncton.


    - Camille Pluymackers
  • Maurine Faidherbes a quitté Arlon, en Belgique, pour Moncton au cours de l’été 2013. « Mon rêve, c’était d’aller vivre à New York » nous confie-t-elle, « mais le père de Corentin [son mari] s’était lancé dans un processus d’immigration pour le Canada. Alors, je me suis dit “pourquoi pas” et nous voilà ici, à Moncton. »

    Puéricultrice de formation, Maurine a très vite trouvé du travail dans son domaine, trois semaines à peine après son arrivée au Nouveau-Brunswick. Après avoir travaillé un certain temps pour un patron, l’envie de créer sa propre garderie la démangeait. Renseignements pris, elle a donc entrepris les démarches nécessaires pour ouvrir sa garderie communautaire. Le parcours a été assez long, les choses n’ont pas toujours été simples: beaucoup de renseignements étaient contradictoires. Mais ils se sont toujours accrochés à leur projet et maintenant, avec le recul, ils arrivent même à en rire : « Un chemin sans embûches ne serait pas vraiment une aventure », plaisante-t-elle.

    Située à Moncton, la garderie Les petits mots accueille, depuis février 2016, des enfants de 0 à 5 ans et offre également un service de garderie après classe pour les plus grands. Au programme de la journée : bricolages, observation des oiseaux, promenades, lecture, ateliers cuisine… Maurine tient beaucoup à éveiller les enfants aux activités culinaires et n’hésite pas à mettre ses petits chefs au travail. Au menu, cette semaine: pizzas maison. « Le plus dur pour eux, c’est d’attendre que ça cuise avant de manger ce qu’ils ont préparé » avoue-t-elle avec le sourire. Pour les repas, Maurine veut tout simplement le meilleur. Elle n’hésite pas, par exemple, à se fournir en viande auprès d’une ferme de Memramcook afin d’offrir des aliments de qualité.


    - Maurine Faidherbes
  • David Shin est originaire de Corée du Sud. Il vit à Moncton avec son épouse et son fils. Si sa famille est arrivée à Moncton en 2009, David, lui, a dû retourner en Corée pour reprendre sa formation et ne les a rejoints qu’en décembre 2010.
    Au cours de l’été 2010, lors d’une courte période de vacances à Moncton, il a tout de suite réalisé que l’ouverture d’un café serait une bonne idée. Au lieu de créer une nouvelle affaire, il a choisi de reprendre le Café c’est la vie, situé à l’époque dans le centre commercial Highfield. L’ancien propriétaire des lieux l’a alors initié à son nouveau métier.

    A la démolition du centre, il a dû trouver un nouvel emplacement dans le centre-ville. A l’époque, ce n’était pas simple : son niveau d’anglais était rudimentaire et il ne parlait pas du tout le français. Pourtant, cela ne l’a pas empêché de remporter de nombreuses récompenses. Grâce aux conseils prodigués par la Chambre de Commerce du Grand Moncton dans son programme de mentorat, David a très vite compris que la clé du succès serait la différenciation. Café c’est la vie ne propose donc pas seulement de la petite restauration mais invite aussi des artistes locaux à se produire chez lui : lancements de livres, concerts et autres événements artistiques sont également au menu !


    - David Shin
  • Venir m’installer au Canada? À Moncton? Je ne peux pas dire qu’il y a cinq ans j’aurais pu imaginer faire un tel choix. Nous voulions à cette époque, avec mon épouse, quitter la France,  construire une nouvelle vie avec nos enfants, mais notre choix se faisait plutôt vers l’Australie… C’est notre nièce Sandrine qui nous a parlé pour la première fois du Nouveau-Brunswick, nous vantant son bilinguisme, la chaleur de ses habitants et sa qualité de vie, ce qui nous a convaincus de faire ce choix, surprenant à l’époque.

    Après quelques mois d’euphorie, je me suis vite rendu compte que les possibilités professionnelles dans mon secteur, j’étais directeur artistique dans la communication à Paris, seraient très réduites, travaillant de toute façon dans un métier bouché et en pleine récession. Je me suis dit qu’il était temps, (j’aurai bientôt 60 ans) de réaliser mes rêves d’adolescent : devenir un artiste à part entière, et pourquoi pas, un photographe professionnel (jusqu’alors, je dirigeais plutôt ces derniers). Ma première exposition au Centre culturel Aberdeen en 2013 a été une grande surprise pour moi : un public nombreux à mon vernissage, et beaucoup d’encouragements de la part des artistes locaux et de la communauté en général. J’ai donc décidé de me lancer dans cette voie tout en essayant cependant de garder une activité de graphiste et de photographe commercial, en faisant notamment des reportages sur des événements et des photos de cuisine (merci, Adorable chocolat !) Une autre bonne surprise : j’ai été dernièrement accepté par le district scolaire dans un projet artistique à L’école Saint-Henri de Moncton, une activité à partager avec les enseignantes de l‘école et 300 enfants de 6 à 10 ans : que du bonheur !

    En 2015, j’ai eu la chance de réaliser cinq expositions dont une dans la prestigieuse “Beaverbrook Gallery” de Fredericton en compagnie de 19 autres photographes de la Province et mon actuelle exposition au Théâtre du Capitol partira bientôt à Bruges, puis à Ostende en Belgique.

    Je suis aussi en train d’accomplir un autre rêve : faire des livres. Je viens de réaliser le premier en compagnie de la poète Emma Haché dans une édition imprimée à 75 exemplaires seulement. Si ce recueil obtient un certain succès, j’ai l’espoir de lancer une petite collection de livres d’art en association avec des artistes locaux..

    Ma philosohie en tant que nouvel arrivant : on ne peut pas trouver du travail sans s’intégrer, on ne peut pas s’intégrer sans trouver du travail… Mais ici, on est dans un monde de possibles.


    - Frédéric Gayer